En kiosque

ENTRE NOUS ET
LE BONHEUR...

Il n'y a que des peurs

SANTÉ

Qu'est-ce qui
ME convient?

VIVRE À GENOUX

OU DEBOUT?

OBJECTIF?
Le Sens...

Nouvelles

Accueil > Accueil > DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

Commençons cet article par une histoire. Une histoire vraie – et magnifiquement évocatrice – qui raconte une percée intérieure dans un moment de découragement.

Par Marie-Josée Tardif, journaliste

 

Cette histoire appartient au vécu de la psychologue clinicienne Marie de Hennezel. Lorsqu'elle a franchi la barre des 60 ans, cette célèbre auteure française a traversé une crise à laquelle elle ne s'attendait pas. Soudainement confrontée aux aspects angoissants de la vieillesse, elle était passée par une dépression dont beaucoup d'aînés seraient atteints, paraît-il, parfois même sans le réaliser. « On perd sa joie de vivre, » écrit-elle, « on broie du noir, tout vous fatigue! »

Apprendre à voir autrement
Dans son ouvrage intitulé Une vie pour se mettre au monde, coécrit avec le philosophe Bertrand Vergely, Marie de Hennezel relate un évènement marquant survenu lors d'une balade à cheval. Cette histoire permet de voir comment nous nous embourbons parfois dans la vie et comment nous pouvons tout transformer en changeant simplement notre regard. Avant de vous partager les perles de mon moment de rencontre avec madame de Hennezel, j'ai choisi de retranscrire cet extrait de son livre. Peut-être vous frappera-t-il autant que moi, en raison de son symbolisme puissant :

J'étais partie avec ma petite-fille en Camargue. Nous sommes allées faire une promenade à cheval dans le marais. Une matinée magnifique. Ma petite-fille caracole sur sa monture avec le guide, devant moi. Nos chevaux entrent au pas dans l'eau grise du marais. Des gerbes étincellent. Soudain, mon cheval s'immobilise. Nous sommes tombés lui et moi dans un trou, et ses pattes sont enfoncées dans la boue jusqu'au ventre. J'appelle notre guide qui est surpris. Il ne savait pas qu'il y a avait un trou à cet endroit dans le marais. Après avoir conduit Marie sur le rivage, il revient vers moi. Il comprend vite qu'il ne peut rien faire, il s'enfoncerait à son tour. Nous envisageons toutes les solutions. Le cheval, dit-il, s'en sortira toujours. Mais moi? Je ne peux pas descendre, je ne peux pas nager, car il n'y a pas assez d'eau. Je pourrais tout juste m'allonger et me laisser tirer par une corde qu'il me lancerait depuis la rive. Je réfléchis, toujours assise sur mon cheval embourbé, qui reprend son souffle doucement. Et si je laisse faire mon cheval? Oui, dit mon guide, tu peux essayer mais il faut que tu t'accroches fort à la selle, parce que, lorsqu'il va sortir de son trou, cela va être violent. Je décide d'essayer. Deux coups de talons vigoureux, et mon cheval a compris. Il tente un premier bond en avant, puis un deuxième, puis un troisième. Les bonds sont saccadés, mais je m'accroche et nous voilà enfin sur la rive, le cur battant, couverts de boue, mais heureux d'en être sortis.

Le soir, en repensant à cet épisode étrange, je me suis demandé pourquoi pareille histoire m'était arrivée. J'ai compris que la vie venait de me donner une fameuse leçon.*

FAIRE CONFIANCE À NOTRE ÉLAN VITAL

Madame de Hennezel, dans Une vie pour se mettre au monde, vous expliquez que cette balade à cheval vous a aidée à sortir de votre dépression. En fait, vous avez soudain vu cette mésaventure comme un message symbolique vous invitant à faire confiance à votre élan vital. Vous êtes souvent à l'écoute de ce type de messages?
R : Oui, lorsqu'on étudie les travaux du fondateur de la psychologie analytique, Carl Gustav Jung, on découvre qu'un monde invisible nous encadre et que tout un réseau de significations peut nous apparaître dans la nature, dans nos rêves ou dans notre inconscient. Je savais que le symbole du cheval revient souvent dans les rêves afin d'illustrer la force et la vitalité. J'ai donc interprété cet étrange épisode comme s'il s'agissait d'un rêve : je croyais m'être enfoncée dans les eaux boueuses de ma peur de vieillir et voilà que cet évènement me disait de faire confiance à mon dynamisme intérieur afin de sortir de la boue de ma dépression.


Cela m'amène à vous questionner sur l'accompagnement en fin de vie. Vous êtes devenue une spécialiste en la matière reconnue dans le monde entier. Avec toutes ces années d'expérience, qu'avez-vous appris des personnes se préparant au grand voyage?
R : Que la vie était précieuse. Que l'important pour l'être humain, c'est vraiment l'amour. Les personnes arrivées au dernier moment de leur vie m'ont montré où était le cur des choses. En ce sens, elles étaient des maîtres.

Or, je crois que ce qui m'a le plus surprise, c'est que la majorité d'entre elles n'étaient pas vraiment angoissées par l'au-delà. Ce qu'il y avait de plus important pour elles, c'était la question : « Ai-je accompli ce que j'étais appelée à faire sur Terre? »  En fin de vie, il y a beaucoup de retours sur soi, de bilans. Il y a quelque chose de très beau, dans cette honnêteté.

C'est pour cela que vous considérez qu'il faut toute une vie pour se mettre au monde?
R : Je comprends maintenant que toute vie est une uvre. Tout le monde est utile. Si on a appris à aimer, si ce qu'on a fait a eu un impact sur les autres, alors il est faux de croire que notre vie quelle qu'elle soit fut inutile. Si un bébé meurt à deux jours, il a uvré en changeant la vie de ses parents. Tout un chacun d'entre nous fait évoluer le monde. Quand j'accompagne les personnes en fin de vie et que je leur explique cela, cette notion de contribution résonne très fort en elles. Il faut toute une vie pour se mettre au monde et notre vie devient notre uvre.


Plus de nouvelles

«  Méditer, c'est extrêmement simple. C'est nous qui sommes compliqués!   »

Eric Seydoux

Événements

 

  • Vidéothèque
  • Audiothèque

Accueil > Accueil > DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

Commençons cet article par une histoire. Une histoire vraie – et magnifiquement évocatrice – qui raconte une percée intérieure dans un moment de découragement.

Par Marie-Josée Tardif, journaliste

 

Cette histoire appartient au vécu de la psychologue clinicienne Marie de Hennezel. Lorsqu'elle a franchi la barre des 60 ans, cette célèbre auteure française a traversé une crise à laquelle elle ne s'attendait pas. Soudainement confrontée aux aspects angoissants de la vieillesse, elle était passée par une dépression dont beaucoup d'aînés seraient atteints, paraît-il, parfois même sans le réaliser. « On perd sa joie de vivre, » écrit-elle, « on broie du noir, tout vous fatigue! »

Apprendre à voir autrement
Dans son ouvrage intitulé Une vie pour se mettre au monde, coécrit avec le philosophe Bertrand Vergely, Marie de Hennezel relate un évènement marquant survenu lors d'une balade à cheval. Cette histoire permet de voir comment nous nous embourbons parfois dans la vie et comment nous pouvons tout transformer en changeant simplement notre regard. Avant de vous partager les perles de mon moment de rencontre avec madame de Hennezel, j'ai choisi de retranscrire cet extrait de son livre. Peut-être vous frappera-t-il autant que moi, en raison de son symbolisme puissant :

J'étais partie avec ma petite-fille en Camargue. Nous sommes allées faire une promenade à cheval dans le marais. Une matinée magnifique. Ma petite-fille caracole sur sa monture avec le guide, devant moi. Nos chevaux entrent au pas dans l'eau grise du marais. Des gerbes étincellent. Soudain, mon cheval s'immobilise. Nous sommes tombés lui et moi dans un trou, et ses pattes sont enfoncées dans la boue jusqu'au ventre. J'appelle notre guide qui est surpris. Il ne savait pas qu'il y a avait un trou à cet endroit dans le marais. Après avoir conduit Marie sur le rivage, il revient vers moi. Il comprend vite qu'il ne peut rien faire, il s'enfoncerait à son tour. Nous envisageons toutes les solutions. Le cheval, dit-il, s'en sortira toujours. Mais moi? Je ne peux pas descendre, je ne peux pas nager, car il n'y a pas assez d'eau. Je pourrais tout juste m'allonger et me laisser tirer par une corde qu'il me lancerait depuis la rive. Je réfléchis, toujours assise sur mon cheval embourbé, qui reprend son souffle doucement. Et si je laisse faire mon cheval? Oui, dit mon guide, tu peux essayer mais il faut que tu t'accroches fort à la selle, parce que, lorsqu'il va sortir de son trou, cela va être violent. Je décide d'essayer. Deux coups de talons vigoureux, et mon cheval a compris. Il tente un premier bond en avant, puis un deuxième, puis un troisième. Les bonds sont saccadés, mais je m'accroche et nous voilà enfin sur la rive, le cur battant, couverts de boue, mais heureux d'en être sortis.

Le soir, en repensant à cet épisode étrange, je me suis demandé pourquoi pareille histoire m'était arrivée. J'ai compris que la vie venait de me donner une fameuse leçon.*

FAIRE CONFIANCE À NOTRE ÉLAN VITAL

Madame de Hennezel, dans Une vie pour se mettre au monde, vous expliquez que cette balade à cheval vous a aidée à sortir de votre dépression. En fait, vous avez soudain vu cette mésaventure comme un message symbolique vous invitant à faire confiance à votre élan vital. Vous êtes souvent à l'écoute de ce type de messages?
R : Oui, lorsqu'on étudie les travaux du fondateur de la psychologie analytique, Carl Gustav Jung, on découvre qu'un monde invisible nous encadre et que tout un réseau de significations peut nous apparaître dans la nature, dans nos rêves ou dans notre inconscient. Je savais que le symbole du cheval revient souvent dans les rêves afin d'illustrer la force et la vitalité. J'ai donc interprété cet étrange épisode comme s'il s'agissait d'un rêve : je croyais m'être enfoncée dans les eaux boueuses de ma peur de vieillir et voilà que cet évènement me disait de faire confiance à mon dynamisme intérieur afin de sortir de la boue de ma dépression.


Cela m'amène à vous questionner sur l'accompagnement en fin de vie. Vous êtes devenue une spécialiste en la matière reconnue dans le monde entier. Avec toutes ces années d'expérience, qu'avez-vous appris des personnes se préparant au grand voyage?
R : Que la vie était précieuse. Que l'important pour l'être humain, c'est vraiment l'amour. Les personnes arrivées au dernier moment de leur vie m'ont montré où était le cur des choses. En ce sens, elles étaient des maîtres.

Or, je crois que ce qui m'a le plus surprise, c'est que la majorité d'entre elles n'étaient pas vraiment angoissées par l'au-delà. Ce qu'il y avait de plus important pour elles, c'était la question : « Ai-je accompli ce que j'étais appelée à faire sur Terre? »  En fin de vie, il y a beaucoup de retours sur soi, de bilans. Il y a quelque chose de très beau, dans cette honnêteté.

C'est pour cela que vous considérez qu'il faut toute une vie pour se mettre au monde?
R : Je comprends maintenant que toute vie est une uvre. Tout le monde est utile. Si on a appris à aimer, si ce qu'on a fait a eu un impact sur les autres, alors il est faux de croire que notre vie quelle qu'elle soit fut inutile. Si un bébé meurt à deux jours, il a uvré en changeant la vie de ses parents. Tout un chacun d'entre nous fait évoluer le monde. Quand j'accompagne les personnes en fin de vie et que je leur explique cela, cette notion de contribution résonne très fort en elles. Il faut toute une vie pour se mettre au monde et notre vie devient notre uvre.


Plus de capsules vidéo

Accueil > Accueil > DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

DOSSIER : UNE VIE... Pour se mettre au monde

Commençons cet article par une histoire. Une histoire vraie – et magnifiquement évocatrice – qui raconte une percée intérieure dans un moment de découragement.

Par Marie-Josée Tardif, journaliste

 

Cette histoire appartient au vécu de la psychologue clinicienne Marie de Hennezel. Lorsqu'elle a franchi la barre des 60 ans, cette célèbre auteure française a traversé une crise à laquelle elle ne s'attendait pas. Soudainement confrontée aux aspects angoissants de la vieillesse, elle était passée par une dépression dont beaucoup d'aînés seraient atteints, paraît-il, parfois même sans le réaliser. « On perd sa joie de vivre, » écrit-elle, « on broie du noir, tout vous fatigue! »

Apprendre à voir autrement
Dans son ouvrage intitulé Une vie pour se mettre au monde, coécrit avec le philosophe Bertrand Vergely, Marie de Hennezel relate un évènement marquant survenu lors d'une balade à cheval. Cette histoire permet de voir comment nous nous embourbons parfois dans la vie et comment nous pouvons tout transformer en changeant simplement notre regard. Avant de vous partager les perles de mon moment de rencontre avec madame de Hennezel, j'ai choisi de retranscrire cet extrait de son livre. Peut-être vous frappera-t-il autant que moi, en raison de son symbolisme puissant :

J'étais partie avec ma petite-fille en Camargue. Nous sommes allées faire une promenade à cheval dans le marais. Une matinée magnifique. Ma petite-fille caracole sur sa monture avec le guide, devant moi. Nos chevaux entrent au pas dans l'eau grise du marais. Des gerbes étincellent. Soudain, mon cheval s'immobilise. Nous sommes tombés lui et moi dans un trou, et ses pattes sont enfoncées dans la boue jusqu'au ventre. J'appelle notre guide qui est surpris. Il ne savait pas qu'il y a avait un trou à cet endroit dans le marais. Après avoir conduit Marie sur le rivage, il revient vers moi. Il comprend vite qu'il ne peut rien faire, il s'enfoncerait à son tour. Nous envisageons toutes les solutions. Le cheval, dit-il, s'en sortira toujours. Mais moi? Je ne peux pas descendre, je ne peux pas nager, car il n'y a pas assez d'eau. Je pourrais tout juste m'allonger et me laisser tirer par une corde qu'il me lancerait depuis la rive. Je réfléchis, toujours assise sur mon cheval embourbé, qui reprend son souffle doucement. Et si je laisse faire mon cheval? Oui, dit mon guide, tu peux essayer mais il faut que tu t'accroches fort à la selle, parce que, lorsqu'il va sortir de son trou, cela va être violent. Je décide d'essayer. Deux coups de talons vigoureux, et mon cheval a compris. Il tente un premier bond en avant, puis un deuxième, puis un troisième. Les bonds sont saccadés, mais je m'accroche et nous voilà enfin sur la rive, le cur battant, couverts de boue, mais heureux d'en être sortis.

Le soir, en repensant à cet épisode étrange, je me suis demandé pourquoi pareille histoire m'était arrivée. J'ai compris que la vie venait de me donner une fameuse leçon.*

FAIRE CONFIANCE À NOTRE ÉLAN VITAL

Madame de Hennezel, dans Une vie pour se mettre au monde, vous expliquez que cette balade à cheval vous a aidée à sortir de votre dépression. En fait, vous avez soudain vu cette mésaventure comme un message symbolique vous invitant à faire confiance à votre élan vital. Vous êtes souvent à l'écoute de ce type de messages?
R : Oui, lorsqu'on étudie les travaux du fondateur de la psychologie analytique, Carl Gustav Jung, on découvre qu'un monde invisible nous encadre et que tout un réseau de significations peut nous apparaître dans la nature, dans nos rêves ou dans notre inconscient. Je savais que le symbole du cheval revient souvent dans les rêves afin d'illustrer la force et la vitalité. J'ai donc interprété cet étrange épisode comme s'il s'agissait d'un rêve : je croyais m'être enfoncée dans les eaux boueuses de ma peur de vieillir et voilà que cet évènement me disait de faire confiance à mon dynamisme intérieur afin de sortir de la boue de ma dépression.


Cela m'amène à vous questionner sur l'accompagnement en fin de vie. Vous êtes devenue une spécialiste en la matière reconnue dans le monde entier. Avec toutes ces années d'expérience, qu'avez-vous appris des personnes se préparant au grand voyage?
R : Que la vie était précieuse. Que l'important pour l'être humain, c'est vraiment l'amour. Les personnes arrivées au dernier moment de leur vie m'ont montré où était le cur des choses. En ce sens, elles étaient des maîtres.

Or, je crois que ce qui m'a le plus surprise, c'est que la majorité d'entre elles n'étaient pas vraiment angoissées par l'au-delà. Ce qu'il y avait de plus important pour elles, c'était la question : « Ai-je accompli ce que j'étais appelée à faire sur Terre? »  En fin de vie, il y a beaucoup de retours sur soi, de bilans. Il y a quelque chose de très beau, dans cette honnêteté.

C'est pour cela que vous considérez qu'il faut toute une vie pour se mettre au monde?
R : Je comprends maintenant que toute vie est une uvre. Tout le monde est utile. Si on a appris à aimer, si ce qu'on a fait a eu un impact sur les autres, alors il est faux de croire que notre vie quelle qu'elle soit fut inutile. Si un bébé meurt à deux jours, il a uvré en changeant la vie de ses parents. Tout un chacun d'entre nous fait évoluer le monde. Quand j'accompagne les personnes en fin de vie et que je leur explique cela, cette notion de contribution résonne très fort en elles. Il faut toute une vie pour se mettre au monde et notre vie devient notre uvre.


Plus de capsules audio

Sondage

Librairie

La vie est belle

Auteur : Jean Bouchart d'Orval

La vie est belle

Toute la librairie