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SCIENCE ET CONSCIENCE

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Vivre avant, pendant et après la mort Entrevue avec Mario Beauregard

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Au cours des 25 dernières années, des chercheurs ont travaillé à élaborer une cartographie plus précise de la conscience. Comment ces recherches ont-elles évolué et où nous mèneront-elles? Que nous apprend la neuroscience sur la conscience et la relation qui existe entre l'esprit et le cerveau?

Par Gilles Bédard, Thérapeute par la son


On connaît les recherches de Matthieu Ricard et du Dr Richard Davidson sur les effets de la méditation. L'automne dernier, à Montréal, le Dr Mario Beauregard publiait les résultats d'une étude semblable sur le phénomène d'expérience de mort imminente.

L'expérience de mort imminente (EMI) a un impact majeur dans la vie des gens. Mais que se passe-t-il dans le cerveau lors de cette expérience? Est-ce un phénomène réel ou une hallucination, comme le prétendent certains scientifiques? J'ai rencontré le Dr Beauregard pour mieux comprendre l'impact qu'une telle recherche pourrait signifier auprès des gens qui ont vécu cette expérience (expérienceurs).

Vous venez de publier les résultats d'une recherche sur les expériences de mort imminente (EMI). En quoi consistait-elle?
Le but était de regarder s'il se passe quelque chose de particulier dans le cerveau des gens qui ont vécu une EMI. Certains ont l'impression de sortir du corps, de voyager le long d'un tunnel ou d'avoir une vue panoramique de leur vie. Toutefois, c'est la rencontre avec la Lumière ou avec des êtres de lumière qui, selon les expérienceurs, apporte une transformation importante au niveau psychospirituel. Certains disent avoir conservé un lien avec la lumière et être capables d'y retourner dans un état méditatif.

Lors de cette recherche, nous avons utilisé deux techniques d'imagerie : l'électro-encéphalographie qui mesure l'activité électrique du cerveau et l'imagerie par résonance magnétique qui permet de voir en trois dimensions les régions activées du cerveau. Les gens retournaient tout simplement à leur souvenir de la lumière pendant qu'ils étaient « scannographiés », une stratégie identique à celle utilisée lors de notre recherche auprès des carmélites.

On a observé des changements dans plusieurs régions du cerveau associés à la conscience de soi, de l'activité dans des régions impliquées dans la représentation du corps dans l'espace et au niveau émotionnel, ainsi que des changements dans la rapidité des ondes cérébrales.

Vous avez entrepris une nouvelle étude scientifique sur l'EMI, le Projet AWARE. Quel en est le but?
Certaines personnes ont une malformation au niveau de l'aorte. Pour y remédier, on pratique une intervention chirurgicale durant laquelle le cœur est arrêté. La personne est alors plongée en état de mort clinique. Des études ont démontré qu'environ 15 % des gens qui vivent des crises cardiaques rapportent une EMI. Nous supposons qu'il doit se produire la même chose dans le cas d'une mort clinique induite de façon chirurgicale. Ainsi, nous voulons savoir si les gens qui auraient éventuellement une expérience hors corps ou de mort imminente, peuvent identifier des images qui seront présentées sur un moniteur vidéo ne pouvant être vues que du plafond. Les patients n'ont aucune connaissance que ces images seront présentées durant leur opération. Tout ce qu'ils savent, c'est qu'on veut les interviewer après la chirurgie. Notre critère de réussite n'est pas seulement d'identifier les images présentées, mais aussi de donner des détails sur ce qui se passe durant l'intervention, tels des échanges entre le personnel ou des détails chirurgicaux.

Les neurosciences peuvent-elles nous offrir une meilleure compréhension du lien entre l'esprit et le cerveau?
En biologie et en neuroscience, on veut voir pour croire, mesurer. Pourtant, il y a des choses qu'on ne peut mesurer et qui ont un énorme impact sur l'existence humaine, tels les sentiments, les émotions. Pour les matérialistes, tout se résume à expliquer l'univers par des moyens mécaniques. Tant que les neurosciences ne voudront pas reconnaître qu'il y a quelque chose de non matériel qui existe dans l'Univers... Les physiciens sont plus ouverts, ils sont en avance avec la physique quantique qui parle de phénomènes qui ne sont pas matériels et qui ont une influence dans le monde physique. J'ai l'impression qu'une révolution scientifique est à venir au cours des prochaines décennies avec des études comme on fait ici à Montréal et ailleurs dans le monde.

La science, telle qu'on la définit aujourd'hui, pourra-t-elle un jour résoudre le mystère de la vie après la mort, de Dieu ou de la spiritualité? C'est la question qu'a posée Gilles Bédard à son invité…


Version intégrale disponible dans le numéro actuellement en kiosque.

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